Le cycle féminin,
La modulation et l’équilibre des hormones sexuelles,
L’implication de l’histamine dans notre physiologie et dans nos ressentis.
La répétition est l’art de l’apprentissage
Alors, non, être sensible à l’histamine n’est pas seulement être allergique.
Il est temps de changer de paradigme.
L’histamine est un médiateur de l’inflammation.
En tant que tel, l’histamine est ubiquitaire et multisystémique.
Tous nos organes et systèmes sont concernés de près ou de loin par ce médiateur par le biais de quatre types de récepteurs, les Rh1, Rh2, Rh3 et Rh4.
Et justement, ces Rh4 se trouvent sur les cellules immuno-inflammatoires.
Qu’ai-je en tête ?
L’histamine endogène est libérée par nos mastocytes tissulaires en même temps que d’autres médiateurs de l’inflammation tels que la sérotonine, la tryptase, les prostaglandines …ceci lorsque notre corps a besoin de différenciation et de réparation tissulaire.
La compréhension de l’histamine est jusqu’alors perturbée.
Spoiler :
Les mastocytes sont les cellules de la différenciation cellulaire.
Pour preuve, pendant la grossesse, le nombre de mastocytes maternels augmente pour favoriser la différenciation cellulaire de l’embryon qui s’est implanté.
Voilà, vous le voyez venir ce lien évident mais pas si visible que cela ?
Tout s’installe dès le jeune âge.
Des hormones épanouies, un terrain équilibré, une bonne ovulation se préparent en catimini de l’âge de six ans jusqu’à la ménarche, date des premières règles.
Cycle féminin et histamine ?
Oui
Le cycle se joue sur une série de modifications tissulaires …
Différenciation, maturation, expulsion, réparation, cicatrisation.
Premier jour des menstruations jusqu’au pic ovulatoire :
Les follicules ovariens vont grossir sous l’influence des mastocytes qui favorisent la différenciation cellulaire.
Tout se met en place pour sélectionner le follicule mature qui sera élu pour une possible fécondation.
Quelques jours avant le pic ovulatoire, la température corporelle augmente.
Une vasodilatation sous influence histaminergique se crée pour l’aboutissement physiologique normal et attendu.
L’ovulation !
Est-ce à dire que l’ovulation est un phénomène inflammatoire ?
Mais oui !
La douleur ressentie en pré-ovulation pourrait donc être liée à la pression exercée par l’ovule sélectionné pour rompre la paroi de l’ovaire, en sortir et rejoindre la cavité utérine.
Ce phénomène d’expulsion est une brèche dans la paroi de l’ovaire.
Cette blessure physiologique naturelle n’en reste pas moins une agression.
Une agression doit être réparée par une inflammation …la triade douleur, rougeur, chaleur.
Nous savons que la phase folliculaire voit les oestrogènes augmenter graduellement, sous l’influence du pic de FSH.
Nous savons que les oestrogènes activent les mastocytes.
Nous sommes donc face à un phénomène attendu inflammatoire mis en place par notre corps pour son bon fonctionnement.
En début de cycle, la vasodilatation ovarienne permet de faire pénétrer le cholestérol dans la cellule à des fins de métabolisation en pregnénolone, l’hormone mère stéroidienne.
Je rappelle que le cholestérol est indispensable à la synthèse du cortisol et de l’aldostérone d’une part et des hormones oestrogènes, progestérone et androgènes, d’autre part.
Vous comprenez mieux pourquoi certaines femmes sensibles à l’histamine ont des symptômes pré-, péri- et ovulatoires exacerbés par rapport à d’autres ?
Une hyperoestrogénie vraie ou une hyperoestrogénie relative associée à un terrain d’intolérance à l’histamine, quelqu’en soit l’origine, décuple ces inconforts relatés à certains moments du cycle.
La période « pic ovulatoire + 7 jours » peut être ressentie exagérément comme une zone de grand inconfort de douleurs.
C’est le moment de l’implantation.
Et de nouveau, que se trame t-il ?
Une inflammation !
Tout se met en place pour favoriser une future nidation de l’embryon si l’oeuf est fécondé.
C’est de nouveau une brèche, cette fois çi dans la paroi utérine.
Pas de fécondation, pas de nécessité d’implantation.
Les mastocytes et l’histamine interviennent pour favoriser la réparation tissulaire.
SPM ou pas SPM ?
Anxiété, irritabilité, fatigue accrue ( histamine neuro-excitatrice )
Règles abondantes ( héparine sécrétée )
Spasmes utérins ( PGE2 libérés )
C’est là que l’aptitude à bien dégrader l’histamine fait toute la différence,
C’est là que calmer les mastocytes a son importance.
En clair,
Travailler sur sa capacité à dégrader l’histamine et à détoxiquer ses oestrogènes, donc travailler sur la fonction hépatique, impacte directement la façon dont nous gérons notre cycle et ses répercussions.
Honorer nos carences nutritionnelles et micro-nutritionnelles n’est pas une option,
Soutenir nos fonctions de méthylation, de sulfatation, de glucuronoconjugaison n’est pas un luxe,
Soutenir la détoxication hépatique des oestrogènes n’est pas accessoire,
Favoriser une bonne ovulation, donc un bon équilibre oestro-progestéronique n’est pas une anecdote,
Soutenir son microbiote intestinal est la condition,
Calmer ses mastocytes est évident lorsque le terrain est en ébullition.
Tout est systémique.
Sources :
Mastocytes et Inflammation
PMID : 21185371
Basophils and Mast cells in immunity and inflammation
PMID : 27405865
Local regulation of ovductal blood flow
PMID : 9304399
Influence of the menstrual cycle o skin prick test reactions to histamin, morphin, and allergen.
PMID : 7553250
Les enseignements du Dr Lucie Wetchoko m’ont permis de vous proposer cet article.
Un grand merci à elle.
Martinehoarau-naturopathe

