L’énergie qui y est associée est une énergie Yang, de chaleur, expansion, activité, joie, ce qui en théorie, fait le bonheur de tout le monde !
Tous ?
Et bien non, malheureusement, pas tous !
Nous sommes nombreux à avoir particulièrement souffert cette année des canicules successives :
maladies chroniques et/ou auto-immunes, déséquilibres hormonaux, terrain d’intolérance à l’histamine et terrain d’activation mastocytaire, SEDh, HSD, l’hypermobilité articulaire avec ou sans HSD, les TND *, … avec présence souvent d’une dysautonomie ( dysfonctionnement du système nerveux autonome ).
Pour rappel, le système nerveux autonome régule notamment la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la température corporelle, la digestion.
Une sorte de boucle neuro-vasculo-mastocytaire peut s’installer :
Chaleur -) vasodilatation pour évacuer la chaleur -) moins de retour veineux -) compensation cardiovasculaire -) tachycardie, faiblesse, vertiges, brouillard cognitif, malaise voir syncope -) fatigue et mauvaise tolérance à l’effort augmentée.
L’histamine en excès est elle-même vasodilatatrice et les variations de températures sont reconnues comme un déclencheur de symptômes chez les personnes présentant une activation mastocytaire.
Une revue clinique récente recommande notamment de rechercher et limiter, lorsque cela est possible, les changements brusques de température parmi les déclencheurs individuels.
Cet été peut laisser des traces sur un organisme déjà fragilisé.
Ce changement de saison s’accompagne souvent d’une sensation accrue de fatigue, d’une sur-stimulation difficile à gérer pour mes consultants, je le constate en rendez-vous.
Journées plus courtes, baisse progressive de la luminosité, humidité qui s’installe …
Stress de la rentrée, charge mentale qui pointe de nouveau son nez, un corps et un mental que l’on va solliciter alors qu’il n’y a peut être pas eu de répit cet été …
Et si on pensait maintenant à s’écouter, à combler les besoins de son organisme déjà bien éprouvé, à ne pas se laisser envahir par le rythme effréné de la rentrée ?
Le terrain, marqué par un stress oxydatif élevé, une inflammation chronique, des carences micronutritionnelles dues à une alimentation restreinte ou trop restrictive et une surconsommation métabolique, rend l’organisme plus sensible et plus réactif.
1. L’alimentation comme premier levier d’action
Limiter la charge en histamine alimentaire si votre thérapeute vous le recommande, reste nécessaire, malgré la prise de DAO en complément.
Ce message est parfois compliqué à faire passer car peu ou pas évoqué par votre médecin ou votre spécialiste ( allergologue, interniste ..) mais il est logique …
Apaiser, alléger le terrain avant d’agir, tout comme il est inutile de mettre de l’engrais sur une plante verte si on ne lui permet pas de pousser dans les meilleures conditions, le meilleur terreau.
La DAO agit au niveau digestif mais aussi au niveau tissulaire en favorisant l’homéostasie anti-inflammatoire. L’excès d’histamine digestive non dégradée a des répercussions systémiques et pas seulement digestives, via tous les récepteurs Rh1, Rh2, Rh3 et Rh4 potentiellement activés.
L’important est de mettre en avant les aliments qui vont nous « nourrir » au vrai sens du terme : les bons nutriments et micronutriments pour synthétiser de l’énergie mitochondriale ( ATP ) et soutenir le métabolisme au changement de saison.
Un corps épuisé est un corps dont les mitochondries sont en souffrance.
- à privilégier : les produits ultra-frais frais, de saison si possible, colorés, de proximité et low histamine (poisson du jour, volaille, légumes de saison comme les courges, les légumes-racines ( carotte, panais, topinambour ), pommes et poires, riz, la pomme de terre, l’endive, le fenouil, la courgette ..), ceci en tenant compte des sensibilités individuelles, bien entendu.
- à éviter : sources connues d’histamine ou libératrices d’histamine, les restes non congelés et aliments réchauffés et/ou mal conservés. Un aliment qui vieillit est un aliment qui perd ses vitamines , très sensibles aux variations de température et à l’oxydation à l’air libre, la lumière et un aliment qui « produit » de l’histamine. Consommer un produit déjà partiellement oxydé est une source d’oxydation supplémentaire que le corps va devoir gérer.
- Antioxydants naturels : une alimentation riche en flavonoïdes ( pomme, oignon, myrtilles, trévise, céleri, persil frais, romarin frais, thym frais, camomille matricaire / apport de lutéoline, quercétine, apigénine ) aide à moduler l’inflammation et à soutenir la dégradation de l’histamine.
2. Une micronutrition ciblée pour soutenir l’énergie et le métabolisme globaal
Le stress oxydatif fragilise la fonction mitochondriale, ce qui se traduit par une baisse d’énergie notable.
Un soutien spécifique peut alors être nécessaire lorsque les besoins physiologiques ont été augmentés ( déshydratation, perte en sels minéraux, consommation de micronutriments accrue ..).
- Le Magnésium : indispensable à plus de 400 réactions enzymatiques du corps, il intervient au niveau de la mitochondrie pour la production d’ATP, soutient la détente neuro-musculaire, participe au bon fonctionnement cardiaque, à la synthèse des protéines ( ADN/ARN ) et à la modulation de l’expression des gènes, maintient l’équilibre hydroélectrolytique et régule de nombreuses voies cellulaires et métaboliques, notamment celles impliquées dans le stress oxydatif.
Une étude The Lancet Global Health de 2024 estime qu’environ 2,4 milliards de personnes, soit 31% de la population mondiale, ont un apport alimentaire insuffisant en magnésium.
- La Vitamine C naturelle ou liposomale : cofacteur de la DAO (enzyme dégradant l’histamine), anti-oxydant majeur participant au recyclage de nos propres anti-oxydants ( notamment le Glutathion ). Elle soutient nos défenses immunitaires au changement de saison, période où virus et bactéries refont parler d’eux. Sous forme liposomale pour une assimilation optimisée et une bonne tolérance. Ne pas oublier le persil frais riche en VitC.
- La Vitamine D : le pilier indispensable d’un métabolisme et d’une immunité optimisés.
La dose est à évaluer par votre praticien en fonction de vos besoins et de votre taux sanguin de départ.
. Le Zinc, le Fer, la Vitamine A, les Vit B ( liste non exhaustive ) : co-facteurs indispensables de nombreuses fonctions , comme la fonction thyroïdienne, l’équilibre immuno-inflammatoire, l’intégrité des muqueuses et de la paroi intestinale, point de départ de l’inflammation chronique,
- La Coenzyme Q10 sous forme ubiquinol, la créatine, l’acétyl-L-carnitine, le D-ribose, Le NADH, l’acide alpha lipoïque, le PQQ … : nutriments de la mitochondrie dans la production d’ATP et le recyclage des anti-oxydants ( gérer les radicaux libres issus du stress oxydatif et du fonctionnement de la mitochondrie elle-même ).
- Refaire le plein en électrolytes ( chaleur = transpiration ) : Plasma de Quinton isotonique ou simplement un mix eau gazeuse ou eau de source + pincée de sel + jus de citron bio ou eau de coco pure + sel + citron bio.
3. La modulation de l’inflammation et la stabilisation mastocytaire
Certaines molécules naturelles agissent à la fois comme antioxydants et comme modulateurs des mastocytes.
- La Quercétine, la lutéoline, l’apigénine : flavonoïdes ayant un effet stabilisateur sur les mastocytes et anti-inflammatoire.
Attention, à évaluer avec votre thérapeute, la quercétine inhibe la COMT ( Catécholamine O- Méthyle Transférase ) et peut donc aggraver insomnie et anxiété si vous avez un polymorphisme génétique ( COMT lente ).
. l’Huile de Nigelle ( huile de Cumin noir ) avec son principe actif Thymoquinone, stabilise les mastocytes, diminue la libération d’histamine et module la réponse immunitaire. A noter, diminue la pression artérielle et peut perturber la glycémie.
- Les Oméga 3, 6, 9 équilibrés : poissons gras et petits poissons gras ultra-frais frais, du Krill ou encore la microalgue Schizochytrium sp. pour l’apport d’EPA et DHA, ou l’utilisation des huiles végétales comme l’huile de colza, de lin, de chanvre …participent à l’équilibre des médiateurs inflammatoires et ont un effet anti-leucotriène ( dans les allergies ),
- Le PEA, l’OEA, endocannabinoides-like, puissants anti-inflammatoires et modulateurs des mastocytes,
- La curcumine (si bien toléré) : puissant anti-inflammatoire, à associer à une source lipidique et à de la pipérine pour une meilleure assimilation.
4. Soutenir sa digestion et son intestin
Pour tirer profit de son alimentation et d’une micronutrition adaptée, l’intestin doit être optimisé pour éviter les carences ( malabsorption, mauvaise assimilation ), le déséquilibre du microbiote ( dysbiose ) source d’inflammation de bas grade, l’installation d’une candidose chronique, fréquente sur les terrains d’activation mastocytaire.
Au delà de l’utilisation des enzymes digestives, de la DAO, des plantes cholérétiques et cholagogues pour optimiser la qualité de la bile, de probiotiques adaptés ( Lactobacillus rhamnosus GG, Lactobacillus plantarum..), un vrai bilan de toutes les fonctions, notamment la fonction thyroïdienne, le Microbiote intestinal, la détoxication hépatique, s’avèrent pertinents pour lutter contre la source de l’inflammation.
5. Hygiène de vie et rythme saisonnier
Les ajustements du mode de vie jouent un rôle majeur dans la régulation du terrain :
- Lumière naturelle : s’exposer à la lumière du jour dès le matin pour soutenir le rythme circadien ( production de cortisol au bon moment ) et la production de sérotonine et donc de mélatonine.
- Sommeil réparateur : horaires réguliers, dormir si possible dans une pièce fraiche au mieux à 19° C ( patience ! ), environnement calme et sombre, lumières orangées le soir, pas de stimulation par les écrans au moins 1h avant le coucher…
- Activité physique douce : marche quotidienne le matin si possible pour stimuler la bonne synthèse de dopamine en particulier, yoga, Qi Gong ou respiration en conscience, respiration ventrale pour bien oxygéner et nettoyer les tissus,
- Gestion du stress : cohérence cardiaque, méditation ou relaxation guidée afin de limiter l’activation mastocytaire liée à un potentiel excès de cortisol et d’adrénaline.
- Limiter l’exposition aux sources de stress : environnemental ( polluants, produits ménagers, ustensiles de cuisine, COV, ondes électromagnétiques …), émotionnel ( personnes toxiques, professionnel, familial ..)
- Mettre en place des stratégies pour prendre soin de soi et permettre au corps de s’apaiser et de se réparer : activités de détente mais aussi soins corporels, massages, drainages, art-thérapie, musique, danse, travail sur le transgénérationnel ..
Le drainage lymphatique fait des merveilles sur les tissus engorgés, oedémateux et permet de faire circuler au mieux la lymphe, qui rappelons le est une « rivière de circulation » pour les mastocytes et leurs produits de dégranulation ( histamine, tryptase, prostaglandines, cytokines inflammatoires ..).
Penser chaussettes ou bas de contention …Portée régulièrement ou les jours où vous vous sentez particulièrement éprouvé, la contention permet d’améliorer le retour veineux et d’irriguer ainsi correctement les organes vitaux, coeur, cerveau, le digestif …
Le bénéfice est là : moins de fatigue, moins de sensation de lourdeur du corps, moins de brouillard mental, plus d’énergie ….
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En conclusion
Le changement de saison, surtout en sortie d’été caniculaire, est ressenti comme une difficulté supplémentaire sur les terrains chroniques et particulièrement le terrain histamine.
Il est vrai que le corps nous demande encore un peu plus de nous adapter..
L’automne arrive après un été qui a pu être éprouvant pour certains avec les chaleurs à gérer, les vacances qui ne sont pas forcement synonymes de repos, le changement des habitudes quotidiennes …
Une approche intégrative, combinant alimentation adaptée, micronutrition ciblée, modulation de l’inflammation et hygiène de vie alignée sur les rythmes saisonniers et le retour à soi, permet d’améliorer la vitalité et l’estime de soi.
Ces stratégies participent non seulement à la réduction de la fatigue, mais aussi à une meilleure gestion du terrain inflammatoire et mastocytaire sur le long terme.
- Annexes :
SEDh = Syndrôme d’Ehlers Danlos avec hypermobilité ou sans
TND = Troubles du Neurodéveloppement
HSD = Troubles du Spectre de l’Hypermobilité
SOURCES :
- AGA Clinical Practice Update on GI Manifestations and Autonomic or Immune Dysfunction in Hypermobile Ehlers-Danlos Syndrome : Expert Review. Qasim Aziz et al. ClinGastroenterol Hepatol.2025 Jul.
- Panula P, et al. International Union of Basic and Clinical Pharmacology. XCVIII. Histamine Receptors. Pharmacol Rev. 2015;67(3) : 601-655. PMID : 26084539.
- Kimata M, et al. Effects of luteolin, quercetin and baicalein on immunoglobulin E-mediated mediator release from human mast cells. Clin Exp.Allergy. 2000; 30(4) : 501-508. PMID : 10718847.
- Passarelli S, et al. Global dietary micronutrient inadequacies : a modelling analysis. Lancet Global Health. 2024 . 12 : e1590-1599.
- Mitochondries, sources d’énergie, de santé et de longévité / Pr Vincenzo Castronovo – Ed Guy Trédaniel, 2026.
Ce contenu est proposé à titre informatif et ne remplace ni un avis médical, ni un suivi par votre praticien de Santé Fonctionnelle.
Copyright : Martine Hoarau, Docteur en Pharmacie, Naturopathe.

